Amour ou fusion?

Amour ou fusion? C’est un choix. 

Même si je ne vais pas jusqu’à affirmer une mutuelle exclusivité entre amour et fusion, je postule néanmoins que l’amour a un effet antifusionnel et que dans toute vraie relation d’amour chaque partenaire évolue dans la connaissance de soi et dans l’autonomie, ainsi transformant ses désirs fusionnels latents, que l’on peut appeler des désirs morts, en désirs vivants.

La fusion se caractérise par l’absence d’auto-détermination, à défaut de connaissance de soi. Un enfant pour lequel sa mère n’est pas miroir pour son propre moi, ne sait qui il est. Il n’a pas conscience de son Je Suis. Sa capacité d’aimer sera restreinte à un narcissisme inconscient qui, comme dans le mythe ancien de Narcisse, le renferme dans la coquille de son moi replié sur lui-même. Seul celui qui se connait, peut connaitre autrui; seul celui qui s’aime, peut aimer autrui.

Mais pour se connaitre, pour s’aimer, pour se construire, il faut que l’enfant ait la possibilité de se refléter dans ses parents. Si cela lui est défendu parce que les parents projettent sur l’enfant leurs ancêtres ou qu’ils sont tellement enfoncés dans leurs problèmes qu’ils sont incapables de s’ouvrir à l’enfant, ce dernier est obligé, pour pouvoir se construire psychiquement, de remplir le vide, l’absence de son propre moi, par la présence psychique plus ou moins totale des parents ou de l’un des parents. Voilà ce qu’en thérapie, on appelle une fixation narcissique, bien que, dans la plupart de la littérature psychiatrique, on ne trouve guère mention de l’étiologie fusionnelle du problème. Continue reading

La confusion affective

Je ne parle pas ici de la fusion primaire du nouveau-né avec sa mère, car c’est justement le fait que la fusion primaire ne pouvait pas se vivre qu’il y aura une sorte de fusion secondaire plus tard qu’on appelle, en psychologie, co-dépendance.

Bien évidemment, ce problème de co-dépendance, souvent discuté de ces jours, n’est pas aussi simpliste qu’on pourrait en avoir l’impression. En plus, dans la plupart des cas, ce que les média mentionnent, est la co-dépendance entre partenaires, non pas, ce qui est beaucoup plus grave, la co-dépendance entre parents et enfants.

J’ai recherché ce sujet depuis plus de vingt ans. Quand j’ai commencé mes recherches, le problème n’était guère connu en psychologie. Aujourd’hui, il n’y a pas de controverse, en psychologie d’enfant, quant à la fonction et à la nécessité de la fusion primaire. Il est également prouvé que tout ce qui n’a pas pu se vivre dans l’enfance, sera réactivé lors de l’adolescence, ou bien même à l’âge adulte. En revanche, le rôle d’une fusion que j’appelle secondaire, qui s’installe plus tard quand la fusion primaire était insuffisante, n’est encore guère élucidé par la psychologie. Continue reading