La dimension spirituelle

Le problème de la fusion a une dimension spirituelle.

La fonction de toute thérapie est de libérer le sujet de la fusion avec sa matrice dans laquelle il restait piégé. Cette vérité n’a pas été découverte par la psychanalyse; c’est une vérité spirituelle. En fait, dans toutes les cultures tribales les rites initiatiques ont exactement pour tâche d’aider le jeune à se libérer du lien ombilical symbolique qui le relie à la matrice, pour le conduire vers la vie et à sa vocation individuelle dans la culture.

La fusion secondaire est aliénante dans la mesure qu’elle accouple un individu à un autre, ce qui a pour résultat que la liberté de développement de l’individu est gravement entravée. Considérer que ce problème s’explique exclusivement par la science psychanalytique veut dire négliger sa dimension spirituelle.

Cette dimension spirituelle doit dès lors être reconnue soit au sein de la psychanalyse, soit en dehors. La psychanalyse telle qu’elle a été développée par Sigmund Freud, excluait dès le début cette dimension, pour mettre le regard exclusivement sur le développement sexuel de l’enfant comme chemin libérateur de la matrice, lancé par la première identification dite homosexuelle avec le parent du même sexe, pour passer par la deuxième identification, hétérosexuelle, avec le parent du sexe opposé, durant la phase génitale. Continue reading

Amour ou fusion?

Amour ou fusion? C’est un choix. 

Même si je ne vais pas jusqu’à affirmer une mutuelle exclusivité entre amour et fusion, je postule néanmoins que l’amour a un effet antifusionnel et que dans toute vraie relation d’amour chaque partenaire évolue dans la connaissance de soi et dans l’autonomie, ainsi transformant ses désirs fusionnels latents, que l’on peut appeler des désirs morts, en désirs vivants.

La fusion se caractérise par l’absence d’auto-détermination, à défaut de connaissance de soi. Un enfant pour lequel sa mère n’est pas miroir pour son propre moi, ne sait qui il est. Il n’a pas conscience de son Je Suis. Sa capacité d’aimer sera restreinte à un narcissisme inconscient qui, comme dans le mythe ancien de Narcisse, le renferme dans la coquille de son moi replié sur lui-même. Seul celui qui se connait, peut connaitre autrui; seul celui qui s’aime, peut aimer autrui.

Mais pour se connaitre, pour s’aimer, pour se construire, il faut que l’enfant ait la possibilité de se refléter dans ses parents. Si cela lui est défendu parce que les parents projettent sur l’enfant leurs ancêtres ou qu’ils sont tellement enfoncés dans leurs problèmes qu’ils sont incapables de s’ouvrir à l’enfant, ce dernier est obligé, pour pouvoir se construire psychiquement, de remplir le vide, l’absence de son propre moi, par la présence psychique plus ou moins totale des parents ou de l’un des parents. Voilà ce qu’en thérapie, on appelle une fixation narcissique, bien que, dans la plupart de la littérature psychiatrique, on ne trouve guère mention de l’étiologie fusionnelle du problème. Continue reading

La confusion affective

Je ne parle pas ici de la fusion primaire du nouveau-né avec sa mère, car c’est justement le fait que la fusion primaire ne pouvait pas se vivre qu’il y aura une sorte de fusion secondaire plus tard qu’on appelle, en psychologie, co-dépendance.

Bien évidemment, ce problème de co-dépendance, souvent discuté de ces jours, n’est pas aussi simpliste qu’on pourrait en avoir l’impression. En plus, dans la plupart des cas, ce que les média mentionnent, est la co-dépendance entre partenaires, non pas, ce qui est beaucoup plus grave, la co-dépendance entre parents et enfants.

J’ai recherché ce sujet depuis plus de vingt ans. Quand j’ai commencé mes recherches, le problème n’était guère connu en psychologie. Aujourd’hui, il n’y a pas de controverse, en psychologie d’enfant, quant à la fonction et à la nécessité de la fusion primaire. Il est également prouvé que tout ce qui n’a pas pu se vivre dans l’enfance, sera réactivé lors de l’adolescence, ou bien même à l’âge adulte. En revanche, le rôle d’une fusion que j’appelle secondaire, qui s’installe plus tard quand la fusion primaire était insuffisante, n’est encore guère élucidé par la psychologie. Continue reading

Autopoiesis and Autonomy

That autonomy is a biological function may sound astonishing and novel in the ears of psychologists, but systems research has clearly brought to daylight that autonomy is built into the very structure of living systems. It’s thus not just an add-on to a modern education that prevents parent-child emotional entanglement, which was one of the flaws of authoritarian education with its unhealthy codependence between caretaker and child.

In order to explain the why and how, I need first elucidate what autopoiesis is. Fritjof Capra, in his book The Web of Life (1976) calls it ‘the pattern of life.’ According to system researchers Humberto Maturana and Francisco Varela, the key characteristic of a living network is that it continually produces itself.

Autopoiesis, or ‘self-making,’ is a network pattern in which the function of each component is to participate in the production or transformation of other components in the network. In this way the network continually makes itself. It is produced by its components and in turn produces those components.
—Fritjof Capra, The Web of Life (1996), 162

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Parent-Child Codependence

What is Parent-Child Codependence?

Parent-Child codependence frequently if not typically occurs within the modern nuclear family. I use the following terms synonymously with codependence: co-fusion, secondary fusion, pseudo-fusion and symbiotoholism.

The major part of the literature deals with codependence in the partner relation, while my own research focuses on parent-child codependence and the resulting lack of autonomy in children, typical for modern society.

The problem manifests in the parent-child relation typically for the first time after the critical mother-infant symbiosis, and thus as a general rule after the first eighteen months of the newborn.

What is generally very little known is the fact that even before the completion of the 18th month of the infant, mother and child are interacting in a subtle communication about limits which reveals to what extent the mother is able and willing to give the infant autonomy, or not. This early dialogue, that is most of the time nonverbal, has been found to deeply condition people for their later relational behavior patterns. Continue reading